SAUNDATTI

3 - Talas, Kayadas et Tihai

Si les tablas servent principalement à accompagner un soliste lors d’improvisations, la dextérité et le vocabulaire rythmique s’acquièrent par le travail de tout un répertoire écrit qui est joué lors de récitals de tablas solos. Les rythmes (kayada) et leurs variations (palatas) sont souvent spécifiques d’une région (Delhi, Bombay..) et sont basés sur des cycles de longueurs variables, les talas. Mon oreille étant habituée par ma culture occidentale à des cycles harmoniques sur trois ou quatre temps, il me faut un temps d’adaptation pour me repérer dans des cycles entièrement rythmiques et beaucoup plus variés, comptant parfois 11, 15 voir 21 temps !

 

Pour faciliter la mémorisation et la transmission des rythmes, à chaque frappe ou combinaison de frappes correspond un bol, une onomatopée imitant le son de la frappe (dha, tirekite, na…) que l’on utilise pour chanter le rythme. Les kayadas formés de ces bols sont toujours structurés selon une symétrie (ABA’B’) correspondant à la manière dont on joue certaines frappes. Suivant cette symétrie et respectant le cycle défini par le tala, le contenu rythmique du kayada est développé dans les palatas par des permutations, répétitions ou combinaisons de cellules presque mathématiques (ex : 2xA + AB + 2xA’ + AB ou 2xB + AB + 2B’+A…). Les variations se concluent par un tihai, une phrase rythmique issue du kayada et répétée trois fois dont un effet de décalage fait coïncider le dernier temps de la 3ème répétition avec le premier temps d’un nouveau cycle.

Kayada sur le tala tental (16 temps)

Palatas

Tihai

Le travail des kayadas a ceci de commun avec celui du jazz qu’il s’agit d’assimiler un matériel fixe de façon à être capable, lors du jeu improvisé, de permuter, combiner, tronquer, allonger, bref, adapter, ces éléments à la situation musicale de l’instant de manière inconsciente et naturelle. C’est un peu comme pour l’apprentissage d’une nouvelle langue par des phrases type dont on va modifier les éléments dans une conversation. Ainsi, si le matériau est différent, la pratique est la même, et les méthodes de travail données par Allamprabuh et les miennes se complètent. Cette similarité permet une compréhension mutuelle plus profonde, les remarques de l’un faisant écho chez l’autre. Je travaille aujourd’hui certains standards de jazz en utilisant ses techniques, avec un résultat très effectif.

 contactthomas.celnik@gmail.com  -  Paris, France

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